4. des Canaries au Cap Vert (Daniel)

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Canaries-CapVert

Jeudi 9 décembre, nous avons fini par définitivement faire une croix sur le dessalinisateur. Nous partirons donc demain de Fuerteventura. Nous passons une dernière soirée avec les voisins de ponton, Mireille et Alain. Nous commençons avec une caïpirinha sur la rambla, puis nous terminons dans leur Super Maramu 2000 autour de deux pizzas géantes et quelques verres de blanc et de rouge. L'ambiance est cosy.

Jour 1. Nous voici donc prêts à partir. Il ne reste que la douche à prendre et chercher du pain pour les jours à venir. À 12 heures, fichiers météo pris, routage fait, baromètre relevé, nous larguons les amarres. Nous devrions arriver dans 6 jours et demi.
À peine sortis du port, nous retrouvons une petite houle sympa. Nous hissons les voiles, la grand voile haute et le génois entièrement déroulé. « Roule ma poule » en direction du Cap Vert et « hop pilote » en mode auto, et « hop pilote » en mode auto, et « hop pilote » en mode auto ! Rien ne se passe : erreur réseau. Nous décidons donc de rebrousser chemin et nous rappelons nos amis Bretons Mireille et Alain pour nous prendre les amarres. Du coup un p’tit coup de blanc et un autre… sur Livadia. Puis nous retournons à bord devant un délicieux plat de lasagnes que Mireille a préparé la veille. Nous avons donc mangé un savant mélange de liquide et de solide pour le dernier repas à quai. Il évitera d’être trop malade par la suite.
Le problème de réseau résolu, nous larguons pour de bon les amarres, direction plein pot vers Cabo Verde. Le vent et les vagues montent vite. Les fichiers « grib » ne les avaient pas vraiment prévues. Nous prenons vite deux "Ris" pour finir Grand Voile basse en début de nuit : 35 nœuds de vent, vagues de 3 à 4 m de haut, ça recommence comme à la Corogne avec une mer plus courte et plus désordonnée, longs surfs à 12 nœuds. Vomito fait son petit renvoi et part se coucher, les quarts de nuit se mettent en place.

Jour 2. J’ai eu droit à ma fête toute la nuit à l’avant (oui le 11 c’est aussi la saint Daniel). Il n’est pas facile de dormir avec des vagues qui poussent au cul, un coup à droite un coup à gauche.
Chacun a sa technique pour dormir : Jean Louis a les pieds collés à la cloison en travers de la couchette arrière ; Bruno est calé dans la toile anti roulis dans le carré ; moi je dors sur le dos les bras en croix pour ne pas tourner. De temps en tant je fais l’essuie glace (il faudrait des pointes, mais ça ne se fait plus), et vomito la tête dans l’évier. Midi coquillettes au beurre jambon fromage râpé. Soir : Brigitte a préféré la bannette à la soupe caldo de pollo vermicelle. Peut être n’aime-t-elle pas la soupe de poule ?

Jour 3. La mer s’allonge un peu mais ce n’est pas ça. Encore quelques surfs bien soutenus. Il fait un peu plus chaud qu’à la Corogne, mais à peine. Nous n’avons pas encore retrouvé la douceur de Madère. Les quarts se refont en ciré.
Midi : salade de pâtes, tomates, maïs, cœur de palmier, riz.
Soir : pommes de terre canariennes en robe des champs, fromage ail et fines herbes.

Jour 4. Les quarts de nuit rythment notre quotidien. Jean Louis prend le premier tour, suivi de Bruno et moi le dernier avec deux levers de soleil. Vomito me rejoint le matin sur le pont. Nous n’avons pas spécialement défini de durée. Quand les deux premiers sont fatigués, ils passent la main au suivant. Puis nous déjeunons ensemble, mais là il faut un gyroscope dans la tête : il n’est pas facile de tenir le bol horizontal.Plus tard, chacun fait une sieste à la demande avant ou après le repas de midi. Brigitte fait la veille de cargo et de pêche dans la journée.
Depuis plusieurs jours, nous mettons les lignes sans grand résultat malgré un gros turn over de leurres. Mais rien n’y fait. Bruno a gardé un os de côte de bœuf et des tripes de sardines depuis plus de 15 jours pour boiter, mais il n’est pas sûr non plus que ça marche à l’ asticot. Et je ne parle pas de l’odeur !
Midi : meli melo de courgettes aubergines et œufs pochés dans les légumes.
Soir : caldo de pollo vermicelle fromage.

Jour 5. La météo se réchauffe. La mer a pris 3 degrés depuis le départ. Ça se ressent. Le tee shirt est toujours de rigueur, mais ça ne devrait pas durer en approchant du Cap Vert. Le vent a un peu ramolli, nous ne navigons plus qu’à une vingtaine de nœuds en réel.
Les garçons, après un solide petit déjeuner composé de céréales, fruit, lait, yaourt, pain, confiture, fromage, beurre, chocolat chaud (euh pas tout pour le même) sont allés tangonner le génois et ranger la Grand Voile dans le lazy bag. Nous filons à 6 nœuds.
15h30 : Le moulinet se dévide à grande vitesse, Yes !! Jean Louis remonte la ligne et à 10 mètres du bateau on commence à voir le dos d’un magnifique bleu vert très soutenu : une dorade coryphène de 70 cm. Dommage qu’elle perde ses couleurs en sortant de l’eau. Nous connaissons notre menu de demain.
Midi: Salade composée: betterave rouge, pomme de terre, concombre, tomates, mozzarella, fond d’artichauts, salade verte.
Soir: Soupe de potiron.

Jour 6. Comme tous les matins, un très beau lever de soleil va chasser les nuages pour ne laisser qu’un ciel bleu. Après une petite sieste, je cuisine notre pêche de la veille : citron vert, lait de coco, vin blanc, gingembre, ail, oignon, curcuma, tomates, piment d’Espelette vont accompagner notre dorade pendant 25 minutes dans la cocotte. Elle est servie avec du riz : une tuerie ! Bien repus, les garçons font la sieste dans leur cabine.
Brigitte et moi faisons la veille sur le pont... enfin surtout Brigitte qui va de mieux en mieux : même plus malade.
16h30 : le bruit du moulinet me sort de ma veille, je saute sur la canne. Apparemment un gros bestiau a mordu au leurre. 20 minutes de bataille plus tard, nous commençons à voir une forme sous l’eau : elle a l’air grosse. Oui, c’est un « thazard » de 130 cm, évalué à 30 / 35 kgs. À nos recettes !Jour 7. Cette nuit, le vent ayant un peu refusé, il a fallu lofer, nous empannons avant le petit déjeuner. La route est directe vers Sao Vincente.
Aujourd’hui pas de pêche, nous profitons de la douceur du temps. L’eau et l’air sont à 26°. Deux darnes de 20 cm marinent dans un mélange d’huile d’olive citron vert et jaune et poivre du moulin. Il ne restera plus qu’à faire un aller retour dans la sauteuse.

En début de nuit, nous voyons les îles du Cap vert. Nous devrions arriver demain matin vers les 12 heures.

🖐 Merci à Mathilde et Quentin, Yannick et Liiz, Olivier et Marie, Loïc, Philippe, Nadine et Denis, Patou et Jean Luc, Marianne, Nath et Julien, Jeanine, Fred, Cécile, Brigitte et Daniel, Joël, Bernard, Luc, Nicolas, Alain, Frédérique, Fred, Mireille et Alain, Christine, Christian, André, Maggie, William, Yann et je dois en oublier. pour vos messages depuis notre départ qui nous font toujours plaisir.